vendredi 23 novembre 2007

Tout se tient

Un ami me corrigea un jour, alors que j'expliquais au cours d'un dîner, la façon dont nous nous étions rencontrés lui et moi, il y a de fort longues années.

Il me semblait me souvenir que c'était par l'intermédiaire d'une camarade très gentille et très studieuse, qui portait des crucifix jusqu'au fond de ses chaussettes montantes, sous une jupe que l'on ne verrait certainement pas au Fashion Awards Hungary (et qu'à grand'peine au comptoir de Carhaix), et dont le sourire incertain ne découvrait pas même les vilaines petites dents jaunes, de peur sans doûte que l'on aperçoive les contours de ses dessous grisâtres en chlorofibre de l'Ourq.

Mon ami rectifia ma méprise en me criant que "NOOOON !", ce n'était pas ma princesse du Freistaat Bayern qui nous avait faits nous rencontrer, sinon un certain Herr von Machinbidule à une tea partie, un dimanche près du Louvre, lequel individu, dérivé de Bestie von Belsen (on a tous ses mauvaises fréquentations de jeunesse) nourrissait déjà des idées qui, si elles avaient eu une odeur, nous auraient rappelé les fétides émanations de l'Achéron.

Alors j'ai réalisé qu'étant donné la nature particulière de mes relations avec mon ami, relations d'une ambiguïté de jésuite et écumant le vice façon Belle de jour, ce n'était certes pas le Saint-Esprit qui nous avait mis naguère sur la voie l'un de l'autre, sinon bien Méphisto.

Tout se tient.